Sentir, c’est respirer la vie,
s’enthousiasmer, pleurer, vibrer pour une phrase, mais pas pour n’importe qui.
Ressentir les impulsions, les déceptions, les vibrations.
Fuyez les bouffeurs d’oxygène,
ceux qui, comme dirait Hugo,
existent sans jamais vivre.
Un fardeau pour eux, mais surtout pour les autres…
Je sais ce que c’est que vivre sans exister,
non par choix, mais parce qu’on a coupé le courant.
Ma vie n’a pas changé en apparence,
seul le décor s’est déplacé.
Mais à l’intérieur, plus rien ne résonnait comme avant.
Mais la vie trouve souvent le moyen de s’aligner avec soi
et voilà qu’on repart main dans la main avec son existence.
Un simple temps pour soi, une odeur, une phrase, un partage,
un temps pour créer, imaginer,
ou même un temps pour pleurer,
nous fait nous sentir vivants.

Je ne vais pas mentir :
la vie n’est pas toujours belle.
On vit avec nos peurs, nos doutes, nos déceptions,
les êtres qui ne sont plus et dont le souvenir est vivace.
Plus dur que tout : notre chair, notre enfant.
Si je ne rêvais pas forcément d’un enfant parfait,
je pensais qu’il serait, enfin, qu’elle serait en l’occurrence,
plus que moi : plus intelligente, plus belle, plus cultivée,
plus raffinée, plus… mieux, quoi.
J’ai peur qu’elle ne soit pas ça.
J’ai peur de ne pas être là.
J’ai peur que le danger soit toujours un objet qu’elle ne sache pas décoder.
Peur qu’elle ne puisse pas vivre pleinement sa vie d’adulte.
Peur, peur, peur.
Mais n’est-ce pas tous les parents ?
Et si ma relation avec un enfant neurotypique restera un mirage,
je ne voudrais pas, je n’ai jamais voulu,
un enfant autre que toi, mon amour.
L’émotion est le plus beau cadeau de la vie,
Le reste est du brouhaha que je ne comprends pas.