Changer de pays pour trouver une école…
Ça ressemble à une décision insensée, et pourtant, pour beaucoup de familles, c’est devenu une évidence.
En Belgique, l’école spécialisée existe depuis longtemps.
Elle n’est pas vue comme une exclusion honteuse, mais comme un chemin adapté, organisé, respecté.
Le réseau public et le réseau libre (souvent confessionnel, mais largement financé par l’État) offrent des parcours pour les enfants différents.
Ici, pas besoin de procès, de menaces, ou de bricolages improvisés pour scolariser un enfant autiste.
Pendant ce temps, en France, on multiplie les plans, les promesses, les stratégies…
Mais sur le terrain, pour beaucoup de familles, rien ne bouge vraiment.
Quelques chiffres pour comprendre :
- Environ 3 000 élèves français sont aujourd’hui scolarisés dans des écoles spécialisées belges.
Ce nombre n’apparaît plus officiellement dans les indicateurs, mais les associations de terrain le confirment. - À cela s’ajoutent environ 1 200 enfants accueillis dans des établissements médico-sociaux en Belgique.
- Et puis, il y a tous ceux qui : – vivent en France et font la navette chaque jour en taxi conventionné (parfois au prix de recours ou de procès, quand l’assurance maladie rechigne) ; – ou bien sont hébergés dans des internats scolaires spécialisés publics, avec un reste à charge pour les familles, parfois couvert par la MDPH… après recours, bien sûr.
Le plus révoltant ?
Depuis 2015, l’État a mis un frein discret aux départs vers la Belgique.
Officiellement, c’est pour « maîtriser les flux ».
En réalité, c’est surtout pour masquer l’incapacité à construire ici des solutions dignes pour nos enfants, tout en rognant, encore, sur les droits les plus essentiels.
Pire encore : refuser une orientation vers la Belgique, alors qu’un établissement correspond aux besoins de l’enfant, est illégal.
C’est écrit noir sur blanc dans les textes officiels.
“Lorsque les parents expriment leur préférence pour un établissement correspondant à l’orientation, la CDAPH est tenue de le proposer, quelle que soit sa localisation.”
Mais les obstacles sont nombreux.
Et pendant que les familles se battent contre l’inertie administrative, les enfants, eux, attendent.
Chaque mois, chaque année, leur potentiel s’effiloche un peu plus.
Partir, ce n’est jamais simple.
Ni financièrement, ni émotionnellement.
Mais parfois, c’est un acte d’amour. Un refus de laisser le temps détruire ce qui pourrait encore s’épanouir.
❝ La démocratie devrait assurer au plus faible les mêmes opportunités qu’au plus fort. ❞
— Gandhi
