L’ECOLE

Après des mois passés uniquement avec moi, et dans un contexte déjà fragilisé par le Covid, Léa a fait son entrée à l’école. Pas simple.
La rentrée a été légèrement décalée, pour éviter les pleurs des autres enfants et ne pas ajouter de l’angoisse à l’angoisse.

Dès les premiers jours, le contraste a été violent : bruits, agitation, foule d’enfants… et un temps de scolarité réduit à 4 h 30 par semaine.
Avec, à ses côtés, non pas une, mais deux AESH. Non formées, bien sûr. Comme l’enseignante. Comme l’ATSEM. La directrice elle-même nous avouera un jour : « On ne savait pas faire. »

Résumons : une classe d’une trentaine d’élèves, une petite fille autiste de 3 ans, et autour d’elle trois adultes non formés, de bonne volonté mais sans outils. Dans ces conditions, l’accueil est forcément bancal. Lorsque l’AESH s’absente, on m’appelle simplement pour venir chercher ma fille. Comment ne pas avoir le sentiment que personne ne souhaite réellement s’occuper d’elle ?

Ce n’est pas un manque de volonté des professionnels, mais un manque de moyens et de formation. On leur demande l’impossible. Et ce sont les enfants qui paient. Mais il faut aussi le dire : face à ce constat, certains enseignants choisissent parfois, au minimum, de baisser les bras… et de se débarrasser du “problème”. Leur coopération avec le SESSAD, par exemple, reste trop souvent minimale.

Malgré tout, Léa a progressé. Pas grâce au cadre, mais malgré lui. Elle a appris à se socialiser, à entrer peu à peu dans une posture d’élève. L’enfant apeurée s’est muée par à-coups en petite guerrière, une force sensible que même un système inadapté n’a pas réussi à briser.

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