LE DIAGNOSTIC

Ce jour-là, le vent soufflait légèrement sur mon visage crispé, le soleil brillait, comme tant d’autres jours.
Et pourtant, ce fut un jour gravé dans ma mémoire, un jour où la vie a pris une tournure différente.

Après quelques semaines d’errances, voire quelques mois, et après avoir déjà consulté un pédiatre, une pédopsychiatre, un psychiatre et une psychologue, c’est finalement dans un CMP et auprès d’une formidable pédopsychiatre que le mot AUTISME est posé concernant Léa. Elle n’hésite pas un seul instant, et moi, je suis très déstabilisée, mais j’écoute avec beaucoup d’attention ce qui sera notre nouvelle vie…

Nous sommes en période de COVID et j’ai dû assister seule avec Léa à ce rendez-vous très particulier. J’ai donc dû avec mes mots expliquer ce qui venait de se dérouler au papa qui patientait dans la voiture…

Il faut donc désormais intégrer le fait que Léa, ma fille unique, qui est aimée profondément par ses deux parents et sa famille proche, devra découvrir de nouveaux adultes dans sa vie, que l’on nomme communément des intervenants.

C’est donc à un peu plus de deux ans que Léa découvre l’orthophonie, la psychomotricité et qu’elle fait connaissance avec une éducatrice spécialisée. Un nouveau monde s’ouvre pour elle, elle qui est si enfermée dans le sien.

Ma vie professionnelle aussi s’en trouve impactée, je prends des jours de congé de présence parentale chaque semaine pour pouvoir être présente lors des séances de Léa. Son assistante maternelle de l’époque a fait comme elle a pu. Au début, une journée par semaine ne posait pas trop de problème. Mais lorsque nous sommes passés à deux jours, elle m’a dit qu’elle n’arrivait plus à gérer Léa avec les autres enfants. Et je comprends aussi que financièrement, cela ne l’arrangeait pas.

J’ai bien essayé de contacter d’autres assistantes maternelles, en vain. La particularité de Léa rebute les candidates, qui préfèrent des enfants neurotypiques à gérer. Léa qui en a pourtant tant besoin est donc privée de copains.

Ne pourrions-nous pas imaginer une prise en charge réellement adaptée pour les enfants en situation de handicap ? Par exemple, permettre aux assistantes maternelles d’accueillir trois enfants au lieu de quatre, tout en conservant leur rémunération, en tenant compte de la charge supplémentaire que représente l’accompagnement d’un enfant porteur de handicap. Et surtout, former a minima ces professionnelles de la petite enfance à l’accueil de ces enfants, pour qu’elles ne soient pas, elles non plus, laissées seules face à des besoins qu’elles ne maîtrisent pas.

Suite à cela, je me mets en congé professionnel, sans savoir pour combien de temps, pour entamer le nouveau travail d’une vie : une coconstruction de l’amour mère/fille.

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