
Il y a un moment où l’on décide d’arrêter de « lutter ». Non pas que l’on renonce. On réajuste. Léa est et restera toujours ma priorité, mais désormais, je fais aussi partie de l’équation.
Être parent d’un enfant TSA, c’est porter une lourde pression. On se répète que l’on est responsable de chaque petit pas, de chaque lente avancée. On se dit que si l’on n’accompagne pas sans relâche, notre enfant ne sera peut-être jamais autonome. Et puis un jour, on comprend que l’on doit aussi prendre du recul. Pour moi, ce recul a été radical : déménager à plus de 1000 kilomètres, accepter de ne plus tout contrôler dans l’apprentissage de Léa. Passer d’une pluie persistante à une chaleur écrasante, prendre vingt degrés d’un coup… cela a sonné le glas de notre adaptation à ce nouveau lieu baigné de soleil.
Je ne regrette pas notre année en Belgique. Mais je ne crois pas non plus qu’elle ait été indispensable à son évolution. La Belgique n’est pas un Eldorado, pour certains enfants, certaines écoles, elle peut toutefois être une étape précieuse. Mais ce n’est pas une vérité universelle.
Accompagner un enfant TSA, c’est marcher sur un fil tendu entre deux mondes. D’un côté, l’effort quotidien, les exercices répétés, la vigilance pour que chaque geste devienne une victoire. De l’autre, la lassitude qui alourdit les pas et invite à déposer les armes, le temps de reprendre souffle. C’est un va-et-vient, une danse fragile : donner sans se perdre, s’arrêter sans abandonner. Car dans le silence du repos se prépare la force du lendemain, et dans ce sas renaît l’élan d’aimer et d’accompagner encore.
Alors oui, Il est temps de prendre un bain de soleil.
Ne culpabilisez pas. Vous êtes des guerriers. ❤️