Tout le monde le dit, non sans raison : il est très difficile d’obtenir un rendez-vous chez un ou une orthophoniste en France, je ne vous parle même pas de celles ou ceux spécialisés dans l’autisme…
Quelques chiffres :
En France en 2022, 24 208 orthophonistes pour presque 68 millions d’habitants, soit un pour environ 2809 personnes.
En 2022, en Belgique, il y avait 17 394 logopèdes pour moins de 12 millions d’habitants, soit un pour environ 690 personnes.

Le décor ainsi posé, je peux vous raconter mon expérience plus personnelle avec ce métier paramédical en France.
La première orthophoniste que Léa a croisée a accepté de recevoir Léa, car elle n’avait pas encore deux ans et demi, elle estimait donc qu’elle était prioritaire pour une prise en charge. Je n’ai donc pas attendu pour en trouver une, même si j’ai dû appeler une trentaine d’orthophonistes pour la trouver, à plus de trente minutes de chez moi en voiture.
Je ne reviendrai pas ici sur les méthodes tentées, ce n’est pas mon propos. Je veux plutôt parler de l’environnement global, je m’explique : quand elle a su que Léa allait rentrer au Sessad l’année suivante, elle m’a clairement expliqué qu’elle ne souhaitait pas être conventionnée avec ce type d’organisme, car ils paient des mois plus tard. J’ai au moins apprécié son honnêteté… Mais on est loin d’une prise en charge globale et collégiale. Elle m’a donné l’adresse d’une orthophoniste qui s’installait dans une ville à côté de chez moi et qui avait encore de la place. Une aubaine, ai-je pensé !
Là encore, je ne ferai pas de bilan, je me contenterai de dire que ça a été une relation compliquée, Léa entrait dans sa première année d’école au début de la prise en charge, elle avait donc souvent des petits maux. Intolérable pour cette professionnelle qui nous a clairement dit que les absences mêmes justifiées seraient un motif d’exclusion de prise en charge… Tout est normal… Finalement, l’année suivante, elle a estimé que Léa n’était pas « disponible » pour ses séances d’orthophonie, donc qu’il était inutile pour elle de poursuivre sa prise en charge…Qu’on pourrait peut-être reprendre dans six mois si Léa est plus disposée à travailler en séance…
Malgré mes propos, loin de moi l’idée de jeter l’opprobre sur les orthophonistes en France qui croulent sous les demandes. Je veux juste dire que le problème est structurel, et cette pénurie crée des situations à la limite de la décence.
Les études d’orthophonie disposent, comme auparavant pour les médecins, d’un numerus clausus. En 2025, 1005 places sont ouvertes, un chiffre en hausse. La filière ne manque pas de candidats : plus de 30 000. Comme pour les médecins, il existe de grandes disparités de présence selon les territoires, avec parfois une attente de deux ans pour une prise en charge.
Pour conclure, j’ai cherché une libérale en Belgique. Il se trouve que j’en ai contacté trois et que celle que j’ai trouvée est ma voisine.