Une robe façon tibétaine, d’un rouge flamboyant, et la voilà qui danse, guidée par sa maîtresse lors du spectacle scolaire. Tintin à l’honneur, nous assistons non sans émotion au tout premier spectacle de Léa. Entourée de ses camarades, elle participe activement. Le cadre habituel est pensé pour ses besoins : sécurisant, bienveillant, rassurant. Mais aujourd’hui, tout est différent. La salle est comble, le bruit, constant. Il y a du monde, beaucoup. Et leur groupe, les plus petits, est le premier à monter sur scène.
Malgré cette ambiance surstimulante, Léa tient bon. Même lorsqu’un petit voisin fond en larmes, elle reste présente, accrochée au fil de la chorégraphie. Elle ira jusqu’au bout de la représentation.
Puis vient ce moment suspendu : le présentateur invite le public à lui souhaiter un joyeux anniversaire. L’émotion monte en elle. Sa petite bouille fait la moue. Avec délicatesse, il n’insiste pas. Ce simple geste, ne pas la brusquer, illustre combien un environnement compréhensif, ajusté même dans l’imprévu, peut libérer toute sa confiance et sa joie. Léa n’a pas à changer pour s’adapter au monde. C’est au monde de s’adapter à elle.
En rentrant, ses cadeaux l’attendaient. Elle a ouvert l’un d’eux, sans précipitation, puis s’est plongée dans ce nouveau livre, ignorant les autres présents. Ça peut surprendre. Même parmi les proches. Les enfants neuroatypiques comme Léa vivent parfois intensément ce qui, pour d’autres, semble anodin.

Ce rituel du cadeau échappe aux codes sociaux attendus. Léa n’ouvre pratiquement jamais deux paquets à la suite. Contrairement à l’idée reçue, ce ne sont pas seulement les émotions négatives qui peuvent déborder. Le plaisir, la découverte, le sensoriel : tout cela peut être intense, envahissant, difficile à canaliser aussi. Chaque cadeau, chaque nouveauté est pour Léa une émotion à apprivoiser. Alors elle prend son temps. Elle savoure. Elle s’autorise à s’arrêter…
Encore une fois, son regard, profond et inspirant, nous invite à réfléchir à notre propre rapport au monde. Et peut-être, à prendre le temps d’apprécier, vraiment, ce qu’est un simple cadeau.